.. L' Empire Songhaï ..

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L’EMPIRE SONGHOY :
 Des  origines  à  Soni Ali BER

        L’empire Songhoy fut, après le Ghana et le Mali, le troisième grand empire médiéval du Soudan occidental. Situé le long du Niger au centre de l’Afrique soudano-sahelienne, le pays fut très tôt habité par des agriculteurs (Gabibi), des chasseurs (Gow) et des pêcheurs (Sorko).  Vers le VIème siècle, les Sorkos fondèrent le petit royaume de Koukia. Au VIIème siècle, le royaume de Koukia connut une nouvelle dynastie, celle des Dia. L’un des souverains de cette dynastie, Dia Kossoï, se convertit à l’Islam en 1009 et installa sa capitale à Gao. En 1337, les princes Ali Kolen et Souleymane Nar qui étaient retenus en otages au Mali parvinrent à s’échapper pour rejoindre le Songhoy. Ali Kolen prit le pouvoir et fonda la dynastie de Sonni dont le plus célèbre fut Sonni Ali Ber.  Sonni Ali Ber (1464-1492), intelligent, autoritaire, fut un grand conquérant. Il prit Djenné en 1477 et Tombouctou en 1480. Il réprima la révolte des peulhs du Macina et lutta contre les Touareg en 1488.  Sonni Ali Ber mourut en 1492, laissant un empire s’étendant de Dendi à Ségou et divisé en provinces administrées par des Farin. Son fils Sonni Bakary Barô lui succéda en janvier 1493

L’EMPIRE DES ASKIA AU DECLIN

A la mort de Sonni Ali ber, son fils Sonni Bakary Baro lui succéda. Mais le Hombori Koï Mohamed Touré, chef de guerre de Sonni Ali Ber  s’empara du pouvoir le 2 avril 1493 et fonda la dynastie des askia.  Askia Mohamed qui régna de 1493à 1528 était un homme très pieux, intelligent, plein d’énergie et d’expérience.  Il fit un grandiose à la Mecque en 1496 et en revint avec le titre de Khalife du Soudan. Ce pèlerinage permit à Askia Mohamed d’affermir son autorité. Grand conquérant, il continua l’œuvre de Sonni Ali Ber jusqu’en 1528. Devenu aveugle, le problème de succession se posa de façon aiguë. Ses enfants et ses neveux se firent la guerre pour accéder au trône. Ces guerres intestines contribuèrent à affaiblir économiquement et militairement l’Empire qui ne pouvait plus résister à une attaque de l’extérieur.  Les premiers successeurs, Askia moussa (1528-1549), Mohamed II (1531-1567) et Ismaël (1535-1539) régnèrent sans éclat.

L’Empire atteignit son apogée sous Ishaq 1er (1539-1549) et Askia Daoud (1549-1588). Il s’étendait de Teghazza au pays Mossi et d’Agadez au Tékrour. Sous le règne d’Askia Ishaq II (1588-1592), l’Empire Songhoy succomba le 12 avril 1591 à l’invasion marocaine, à la bataille de Tondibi. La défaite Songhoy marque la fin des grands empires du soudan occidental et l’avènement de petits Etats hostiles les uns aux autres.


L’EMPIRE SONGHOY :  ORGANISATION POLITIQUE, ECONOMIQUE, SOCIALE ET CULTURELLE.   

    

Au XVI ème siècle, l’empire Songhoy atteignit son apogée sous la dynastie des askia. Il connut une brillante civilisation.  Doté d’une solide organisation politique et administrative, le Songhoy était dirigé par un empereur assisté d’un conseil. Le gouverneur central siégeait à Gao, capitale administrative. Une armée de métier solide et bien organisée (infanterie, cavalerie, flottille) assurait la défense de l’empire. Le pays était divisé en provinces gouvernées par les farmas et territoires tributaires conservant leurs rois locaux. Sur le plan économique, l’empire connut une très grande prospérité. L’agriculture bien que défavorisée par des conditions climatiques, s’améliora.   L’élevage fournissait à la population la viande, le lait, et les peaux. La pêche était pratiquée traditionnellement le long du Niger par les Sorko et les Bozo. Les mines de Teghazza, de Taoudénit, de Takedda et celles du Mali, fournissaient le sel, le cuivre et l’or. Le commerce transsaharien fut favorisé par la position géographique de l’empire. La société Songhoy hiérarchisée comprenait les aristocrates, les hommes libres, les hommes de caste et les esclaves. L’essor intellectuel et religieux, basée sur l’islam, fut prodigieux.

TOMBOUCTOU ET DJENNE AU MOYEN ÂGE 

    

 

        Au XVème siècle, les villes de Tombouctou et Djenné furent de centres commerciaux, religieux, culturels et politiques du Soudan occidental.  Les deux cités entretenaient des relations commerciales : Tombouctou constitua le port et Djenné joua le role de producteur et de collecteur de produits du Sud et et du Nord. Du Nord venaient les produits maghrébins et orientaux. Du sud montait l’or, les céréales, la kola, l’Ivoire et les esclaves.   Chacune des deux cités comptaient quelques milliers d’habitants (25 000 à Tombouctou et 15 000 à Djenné). Au plan religieux et culturel, les deux villes étaient les lieux de rencontre d’illustres savants (Sidi Yaya, Mahmoud Kati, Ahmed Ben Oumar, Mohamed Bagayoko et Ahmed Baba). Les deux villes comptaient également de grandes universités mosquées (Sankoré à Tombouctou), grandes bibliothèques. L’enseignement était très avancé et portait sur la théologie, le droit, la rhétorique, la dialectique, l’histoire, etc.

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