.. L' Empire du Mali ...

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L’EMPIRE DU MALI
ET LES ORIGINES DE SOUNDIATA

L’Empire du Mali fut fondé au XIII ème siècle. Son histoire nous est connue à travers la tradition orale et les récits des chroniqueurs arabes (Ibn Batouta et El Bekry). Son berceau, le Mandé, était un pays favorable aux activités agropastorales. Il était surtout peuplé de Malinké, de Bambara et de minorités Sarakolé, Peulh et même arabo-berbères.  Les premières communautés Malinkés étaient dirigées par des maîtres chasseurs « Simbo » Magiciens très redoutés, les Simbo représentaient leur clan dans le grand conseil. Celui-ci décidait de la guerre et de la levée des taxes. L’intégration progressive des clans aboutit à la formation d’un petit royaume dont on connaît mal l’évolution jusqu’au XIIème siècle. Un des rois, Baramadana, qui serait converti à l’islam, fut un roi pieux. Son fils et successeur, Naré Famaghan (1210-1225), se signala par ses conquêtes. Son  fils,  Soundiata, (1235-1255) fut le vrai fondateur de l’Empire du Mali.  Fils de Naré Famaghan et de Sogolon Kédiougou, Soundiata,  plus  connu  sous  le  nom  de  Soundiata  KEITA,  mena une enfance difficile avant de devenir un brave guerrier. En 1235, il libéra son pays tombé sous la tutelle du Sosso. Proclamé Mansa  (Roi)  à Kourounka Fougha par le grand Conseil, Soundiata agrandit considérablement son Empire. Outre le Ghana et le Sosso, il soumit à sa domination le Tékrour, le Galam, le Bambouk, le Boundou, la Casamance et la Gambie, étendant le domaine impérial de l’Atlantique au Moyen Niger. Doté d’une bonne administration et défendu par une puissante armée, l’Empire du Mali fut divisé en provinces dirigées par un Farin. Soundiata mourut en 1255. Ses successeurs n’eurent pas la même envergure que lui. Ses successeurs les plus connus furent : Mansa Oulé, Sankoua, Aboubacar II et Kankou Moussa.


L’EMPIRE DU MALI, APOGEE, DECLIN ET FIN


L’Empire du Mali atteignit son apogée dans la première moitié du XIV ème siècle puis entama une longue phase de déclin. Il disparut au XIII ème siècle. En 1232, Kankou Moussa accéda au trône et porta l’Empire à son apogée. Musulman pieux, il effectua un brillant pèlerinage à la Mecque (1224-1225). Il ramena de ce voyage fastueux, deux chérifs Koraïchites et un architecte arabe, Abou Ishak Ibramim surnommé Es Sahili, auteur de nombreuses œuvres architecturales. Un nouveau style apparut : le style soudanais. Mécène, ami des belles lettres, Mansa Moussa est à la base de la littérature nègre d’expression arabe.  Il agrandit son Empire par la conquête de Tombouctou et Gao, prise par son général Ségha Madian. Le commerce transsaharien se développa. L’islam se répandit à travers l’empire par la construction de Mosquées et d’écoles. Kankou Moussa fit régner dans son Empire, l’ordre et la justice. Il mourut probablement en 1232, léguant à ses héritiers un Empire immense et prospère. Son fils Maghan 1er lui succéda. Il gouverna sans éclat. Sous son règne, les Mossi pillèrent Tombouctou et le delta central nigérien. A sa mort en 1341, le trône revint à son oncle Mansa Souleymane (1341-1360), frère de Kankou Moussa. Roi fastueux et pieux, Mansa Souleymane gouverna avec sagesse et s’efforça de maintenir l’ordre et la justice. La suzeraineté du Mali fut restaurée sur les provinces orientales périphériques. L’Empire fut grandi par la soumission des Touareg de Aïr. Mansa Souleymane mourut en 1360 laissant un Empire très vaste et difficile à gouverner. L’empire amorça alors une longue phase de déclin et d’effritement. Des souverains faibles et incompétents montèrent sur le trône.  La crise de succession affaiblit considérablement l’Empire. Les attaques extérieures se multiplièrent. Les Mossi qui avaient déjà fait une incursion en 1335 réapparurent. En 1400, Naba Bonga ravagea le Macina. En 1480, Naba Nasséré s’saccagea Walata.  Pendant ce temps, les états vassaux s’émancipèrent. Au XV ème siècle, le mali n’avait plus d’autorité sur le Songhoy  dont certains souverains, Ali Ber, Askia Mohamed, Askia Daoud, lui reprirent les provinces septentrionales. A l’Ouest, les Peulhs, conduits par Koli Tenguella, annexèrent le Boundou, le Tékrour et le Fouta Djalon. Au XVII ème siècle, l’Empire du Mali était réduit au royaume du Mandé 

 

L’EMPIRE DU MALI  : ORGANISATION POLITIQUE, ECONOMIQUE, ADMINISTRATIVE, SOCIALE ET CULTURELLE


L’empire du mali défia une brillante civilisation. L’Empereur était vénéré et disposait d’un pouvoir absolu. Il était entouré d’une cour nombreuse. Le noyau central de l’Empire était sous la domination du souverain. Les provinces étaient commandées par les Farin. Les états vassaux jouissaient de leur autonomie. Le Mansa était le chef suprême de la justice. Les musulmans étaient jugés selon le Coran et les peuples animistes selon les coutumes ancestrales. La défense de l’empire était assurée par une puissante armée comprenant deux grands commandements : l’un basé au Nord, l’autre au Sud. Les ressources financières provenaient essentiellement des impôts versés par les orpailleurs et des taxes douanières. Les Farin collectaient les impôts pour les Mansa.   Les activités économiques étaient très variées. Outre l’agriculture, l’élevage, la pêche, la chasse et la cueillette, les mines et l’artisanat constituaient des activités importantes. L’or était extrait au Bouré, au Bambouk et au Galam, le sel à Teghaza, le cuivre au Diara et à Tekkeda. L’artisanat (bijouterie, ferronnerie, tissage, cordonnerie, poterie) était assuré par des gens de  caste. Le commerce était exercé par les Wangara. Le commerce transsaharien fit la prospérité de Tombouctou, Oualata et Gao.  La société bien structurée comprenait les nobles (Horons), les hommes de caste et les esclaves. Les nobles repartis en plusieurs clans avaient le privilège d’accéder aux hautes fonctions. Les hommes de caste (forgerons, griots, tisserands) jouaient un rôle de médiateurs, de conseillers dans la société et à la cour. Les esclaves cultivaient la terre pour le compte de leurs maîtres. Les aristocrates et les marchands adoptèrent l’islam tandis que la majorité de la population demeurait animiste. Les griots, à la fois poètes, historiens et philosophes, animaient la vie intellectuelle traditionnelle. La culture islamique était développée dans les grandes villes (Gao, Tombouctou, Djenné). 

Caisse Epargne 1