La Traite des Noirs

Cette période de l’histoire africaine est l’une des plus honteuses que l’humanité ait connue. Imaginez qu’à cette époque on considérait les hommes Noirs comme des sous-hommes. Une simple marchandise, en fait ils n’étaient rien ; et ce petit rien a conduit à l’esclavage d’un peuple pendant de longues années. Cette traite des Noirs, que l’on appelle aussi « traite atlantique » est plus connue sous le nom de commerce triangulaire. Bien sûr l’appât du gain, le profit sont l’essence même de ce massacre humanitaire. Cette main d’œuvre bon marché était idéale pour le commerce en plein essor de l’époque.
La traite atlantique a été pratiquée par les Européens ; c’est-à-dire les Anglais, les Français, les Hollandais, les Portugais, et aussi d’autres pays. En 1441, ce sont les Portugais qui ramenèrent dans leur pays les premiers esclaves noirs. En 1452, le pape Nicolas V donna sa bénédiction pour la conquête des terres africaines et l’exploitation de ce peuple.
Henri le navigateur, prince du Portugal mis en place les premières expéditions en Afrique ; c’est Vasco de Gama qui découvrit la route des épices. Les Portugais mirent sur pied des comptoirs ; ainsi ils négociaient des esclaves avec les peuples côtiers contre de la verroterie ou des fusils.
Cette traite remonte à l’Antiquité ; déjà en Egypte, on avait besoin d’hommes forts . En Crète, en Grèce, à Rome, à Carthage, les esclaves africains étaient très appréciés. Ensuite à partir du Xème siècle, les Noirs étaient vendus en Chine et également en Inde. Aujourd’hui, l’esclavage est considéré comme un crime contre l’humanité mais pas dans tous les pays. La France l’a reconnu le 10 mai 2001. Les chiffres exacts sont difficiles à établir, mais on estime que plus de 40 millions de Noirs ont subi l’esclavage.
La Domination Européenne
Les Portugais furent le premier peuple Européen à importer des esclaves d’Afrique. Ils utilisaient une technique bien rodée pour les capturer. Des mercenaires ou même des esclaves noirs formés pour cet usage attaquaient les villages africains par surprise. A ce moment là, le développement de l’Europe était en plein essor. Il fallait de plus en plus d’esclaves pour satisfaire la demande croissante de main-d’œuvre. Les Européens ont donc chercher un moyen pour avoir plus d’esclaves.
Leur astuce était d’infiltrer les royaumes Africains. Leur mission quotidienne relevait du défi ; trouver des complices pour mieux les contrôler à l’intérieur du pays. Beaucoup de royaumes n’y échappèrent pas. Tous les prétextes étaient bons, même les coups d’Etat pour désigner un successeur faible et incompétent. Les Espagnols, les Hollandais, les Anglais puis les Belges choisissaient eux-mêmes les rois aux mépris des traditions africaines. Ces personnes qui participaient à la traite étaient souvent obligées de le faire ; parfois même avec la certitude que cette déportation était utile à l’Europe et donc pas si mauvaise. Sur toute la côte africaine dès le XVème siècle furent construits des forts. Ceux-ci devaient protéger les négriers des tentatives des Africains de combattre ce système.
Les Portugais importaient aux alentours de 800 esclaves par an. Les conditions de vie étaient très dures ; ces esclaves noirs succombaient aux maladies la plupart du temps ou mourraient pendant la traversée en bateau. En mer, ils étaient réduits à être enchaînés comme des bêtes sur le pont des bateaux jour et nuit. Les femmes noires étaient souvent violées et les deux sexes subissaient brûlures, mutilations et intimidations. Tant de souffrance sur ces bateaux conduisait logiquement à la mort pour les plus faibles ; d’autres se suicidaient.
Le Commerce Triangulaire
De nombreuses villes en France comme Bordeaux et Nantes se sont rapidement développées grâce à ce commerce ; également des villes Anglaises, Hollandaises, Espagnoles et bien sûr Portugaises. Au commencement de la traite des Noirs, les enlèvements se faisaient entre autres au Sénégal, au Gambie , au Togo, en Angola et également au Mozambique. Le Commerce triangulaire est l'une des formes de la traite des Noirs.
Le principe était simple. Qui dit commerce, dit marchandise et les esclaves étaient considérés comme un bien. Le Commerce triangulaire lié à l'exploitation du territoire américain par les pays européens, fournissaient leur main d’œuvre.
La tactique était facile à mettre en place ; de gros bateaux en partance d’Europe étaient remplis de biens divers comme des épices, du vin, des céréales. Arrivés en Afrique, ces navires faisaient le plein d’esclaves troqués avec les marchandises à bord de ces bateaux. Puis les négriers allaient en Amérique pour vendre ces esclaves contre du coton, du sucre, du cacao. Cercle vicieux puisque ces navires revenaient en Europe avec le fruit des exploitations américaines et recommençaient de nouveau ce parcours. Les Portugais ont également effectué un autre trajet ; celui-ci se passait entre le Brésil et l’Angola pour acquérir du tabac.
Cette traite des Noirs semble avoir été réalisée d'abord dans un but économique mais aussi raciste. Un « code Noir » écrit en 1685 définissait juridiquement la traite des Noirs et l'esclavage comme acceptable. Dans ce texte, l’homme Noir était décrit comme une marchandise dont on pouvait disposer à sa guise ; lui donner la mort sans justification était autorisée en tout temps.

L’abolition de la Traite
L’esclavage commença dès 1626 dans les colonies françaises. En 1642, Louis XIII autorisa la traite des Noirs. Les esclaves africains étaient privés de tous leurs droits initiaux et devaient obéir à un maître ; c’est-à-dire un Blanc qui pouvait donner des ordres et des punitions sévères à sa guise.
Pour en finir avec ce cauchemar, les Noirs se sont soulevés et des émeutes ont éclaté pour faire pression sur les Blancs. Le Danemark fût le premier pays Européen à abolir la traite des Noirs en 1803, puis les Etats-Unis et l’Angleterre en 1907. La machine était lancée et tous les autres pays européens y prirent part en 1815. Mais en France, cette traite dura illégalement jusqu’aux années 1820. Elle fût stoppée définitivement avec l’abolition de l’esclavage en 1833. Par peur de représailles, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont installé en 1842 des contrôles sur la côte africaine.
Comme on dit souvent, les bonne vieilles habitudes reviennent au galop ; et c’est le cas avec l’esclavage. Malgré l’abolition de la traite des Noirs, de nombreuses exploitations continuèrent à faire travailler des esclaves sur leurs terres. Le prix d’un Noir était à son plus haut ; on forçait de jeunes femmes noires à donner naissance à de futurs esclaves. Ils étaient vendus dès leur plus jeune âge à de riches propriétaires à prix d’or.
Imaginez que 600 000 esclaves ont été vendus dans la seule ville de Zanzibar entre 1830 et 1870. L’Angleterre détient le triste record des expéditions en négriers qui furent les plus importantes, suivie du Portugal, de la France, des Pays-Bas, des Etats-Unis. N’oublions jamais que l’essor de l’économie européenne et américaine a été favorisée par cette traite.
L’esclavage en Afrique d’hier à aujourd’hui.
La peur de l’esclavage était omniprésente pour ces gens à l’époque. Rendez-vous compte, la couleur de votre peau est noire et à chaque seconde de votre vie vous pouvez faire l’objet d’une razzia ; pourtant vous êtes un être humain libre comme n’importe quel individu. A l’époque, le cercle était infernal ; on vous enlevait pour aller travailler dans des plantations, ensuite vous attendiez votre sort dans des forts. Puis vous partiez en bateau n’importe où, n’importe quand.
De profondes cicatrices de l’esclavage sont encore visibles en Afrique et ailleurs dans le monde. Pour éviter que cela ne se reproduise un jour, la Convention internationale sur l'esclavage fût créée en 1926 par la Société des Nations garantissant l'interdiction de la traite des esclaves et l’abolition totale de l'esclavage sous toutes ses formes.
En 1951, une commission des Nations unies sur l'esclavage fit une enquête pour savoir si la pratique de l’esclavage était toujours active. Hélas la réponse fût affirmative. On retrouve encore ce fléau dans certains pays comme en Mauritanie ou au Gabon. Souvent en temps de guerre, les femmes et les enfants sont kidnappés pour être vendus au plus offrant.
Cette traite des Noirs a fait subir à la société africaine de profonds bouleversements. Quelques ONG, organisations non gouvernementales et certains gouvernements africains comme le CMDP, Conseil mondial de la diaspora panafricaine souhaitent que l’histoire ne soit pas oubliée. C’est-à-dire qu’il y ait une justice et qu’elle soit marquée à jamais dans les esprits. Ces organismes et surtout le peuple noir veulent que cette traite soit considérée comme un génocide ; qui est défini comme l'extermination intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe de personnes ; on attend le verdict de cette sombre partie de l’histoire.
Le colonialisme
L’Afrique a été dominée par le colonialisme ; supériorité d’un pays sur un autre et dont les motivations peuvent être économiques ou politiques. Dans les deux cas, c’est un bon investissement. En effet, quand le pays envahisseur débarque sur ses nouvelles terres, il rentre en possession des richesses du pays d’accueil. Tout débuta au XIVème siècle avec les Portugais et Henri le navigateur qui avec l’aide de savants commencèrent l’exploration de l’Afrique et prirent le monopole de l’ivoire, de l’or et des esclaves.
Après l’abolition de l’esclavage, les Européens au XIXème siècle envahirent l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. De nombreux conflits éclatent entre ces puissances coloniales. Pour remédier à cette crise, on créa la Conférence de Berlin. Son objectif n’était pas de partager l'Afrique entre les puissances coloniales, mais d’établir des règles entre ces pays afin qu’il n’y ait plus de tensions et d’abus de pouvoir. On retrouve entre autre comme règles à respecter, la liberté de navigation sur les fleuves Niger et Congo ainsi que la liberté de commerce dans le bassin du Congo.
Du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, 14 pays étaient présents pour cette Conférence ; la Turquie, la Suède, la Russie, le Portugal, les Pays-Bas, l’Italie, La Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis, l’Espagne, le Danemark, la Belgique, l’Autriche - Hongrie et l’Allemagne. Malheureusement, Cette conférence n'a pu empêcher les conflits entre les pays colonisateurs ; notamment entre les Français et les Britanniques pendant la crise de Fachoda en 1898. L'exploitation des ressources du continent Africain continua sous le contrôle européen jusqu'au XXème siècle.
Le colonialisme français
L’empire français était l’un des plus grand au monde du temps des colonisations. C’est l’empire britannique qui dominait à l’époque. On note la présence de deux périodes coloniales françaises ; la première datant d’avant 1803 regroupait des régions d’Amérique du Nord et quelques îles ; la seconde après cette date comprenait des régions d’Afrique, d’Asie et d’Océanie et était appelée également « empires républicains »car ils étaient constitués en grande partie sous la IIIème République.
En Afrique du Nord, l’Algérie et la Tunisie furent colonisées, ainsi que les trois-quarts du Maroc. En Afrique subsaharienne, on trouvait sous l’occupation française des pays comme, le Bénin, le Burkina Faso, le Bénin, la République Centrafricaine, le Tchad, la République du Congo, les trois-quarts du Cameroun, le Gabon, le Togo, le Sénégal, le Niger, la Mauritanie, le Mali, la Côte d’Ivoire et la Guinée.
Pour y voir plus clair, voici les grande dates de la colonisation du continent Africain par les Français. En 1783, ils occupèrent le Sénégal grâce au Traité de Versailles. En 1830, Alger tomba aux mains de la France et en 1848 furent créés des départements français en Algérie. Entre 1880 et 1881, c’est au tour du Congo et de la Tunisie d’être sous domination coloniale. De 1880 à 1895, on instaura le Soudan Français. L’Afrique occidentale française dont la capitale était Dakar fut inaugurée en 1904 ; puis au tour de l’Afrique équatoriale française en 1910 dont la capital était Brazzaville. En 1912, c’est au tour du Maroc. Et enfin, pendant la première guerre mondiale, les colonies européennes se livrèrent à une rude bataille pour acquérir le Cameroun et le Togo ; gagnés de justesse par la France.
La décolonisation
Les pays d’Afrique qui sont sous le contrôle de la colonisation veulent accéder à leur indépendance. Après la seconde guerre mondiale, tout s’accélère et l’on parle de développement des nationalismes. La décolonisation de l'Afrique Noire commence avec l'accession de la Guinée à l'indépendance en 1958.
A la fin des années 1970, ce sont tous les pays d'Afrique Noire qui deviennent indépendants. Exceptions faites des colonisations portugaises situées en Angola, au Cap-Vert, au Guinée-Bissau, au Sao Tomé et au Mozambique qui durent attendre les années 1974 et 1975. En Afrique Noire, la France prépara l’autonomie de ses colonies par le vote de la loi Deferre en 1956, puis créa la Communauté française en 1958. L’Espagne quant à elle, céda le Sahara espagnol à la Mauritanie et au Maroc. La Namibie devint le dernier pays indépendant en 1990.
Au Maghreb, le Maroc et la Tunisie ont eu leur indépendance en 1956. Mais la décolonisation de cette partie de l’Afrique est marquée dans tous les esprits par la Guerre d’Algérie ; celle-ci donna l’accession au pays à son indépendance en 1962. Mais ce ne fût pas chose facile et elle se déroula entre 1954 et 1962. Pour accéder plus rapidement à cette indépendance, une minorité d’Algériens créèrent le Front de libération nationale.
La guerre d’Algérie engendra un véritable soulèvement avec le massacre de Sétif. Des civils furent tués et les colons pratiquèrent une véritable pression avec l’armée pour que l’ordre soit de nouveau rétabli. Des milliers d’Algériens périrent pour l’indépendance de leur pays. La France est toujours restée présente par ses liens économiques et culturels.