Bienvenue dans le Mandé,
Village de Badougou-Nafadji.
Village repèré 1 sur la carte ...
Carte du Mandé
Plan du village, orienté Nord-Sud.

1- Situation administrative :
Nafadji est né avec l'empire du Mali et son créateur Soundiata KEITA, né à peu de distance du village, au 13ème siècle; son fondateur était Makan KEITA.
Situé à 40 km de Bamako, sur la route de Guinée, en plein milieu du Mandé, bordé des Monts Mandingues, Nafadji est un village que nous fréquentons depuis 1992. On peut y venir désormais par la route de Sibi, goudronnée depuis 2008, ou par celle de Djoliba et Kangaba, goudronnée depuis 2011.
On notera que les Monts Mandingues sont au Nord, légèrement surélevés, et le fleuve Niger au Sud, à 10 km ... On devine donc le sens du mouvement des eaux en hivernage, ou saison des pluies. Le marigot se remplit très vite en juillet, et se trouve à sec en février.
Le village appartient à la commune du Mandé, constituée de 25 villages; cercle de KATI.
Le village est jumelé à celui de Naréna ( commune de Sibi, à 12 km), depuis mai 2011.
Le village est réputé pour ses chasseurs émérites, initiateurs de plusieurs personnalités, mentionné dans tous les ouvrages traitant du sujet, parfois en exergue.
2- Responsables :
Chef de village : Tiékoro KEITA; aveugle et infirme, âgé de 87 ans, ... [ vient de perdre son épouse Damba récemment ]. Le fondateur du village, très probablement au moment de la création de l'empire du Mandé, vers 1200, sinon plus tôt encore, se nommait Makan KEITA, plus connu sous le nom de Makamba (= le Grand Makan )].
Chef des Chasseurs : Szaki KEITA
Griot du village : Bandia CAMARA
Responsable du Développement : Sina KEITA
Présidente des femmes : ...
3- Scolaire :
Nafadji possède une école primaire avec 6 classes, pour environ 350 élèves, soit 60 enfants par année, correspondant aux 70 naissances annuelles. Le directeur de l'école a été pendant 20 ans Mr Mahamadou TOUNKARA qui vient de prendre sa retraite en 2010.
Les proportions garçons-filles sont de l'ordre 45% -55 %, ce qui est très bien.
Depuis 2009, Nafadji possède un collège de 3 classes, permettant la préparation du DEF [ Diplôme d'Etudes Fondamentales; sorte de BEPC ].
4- Santé :
Nafadji possède une maternité depuis les années 1980, ainsi qu'un dispensaire. La maternité, dans un état pitoyable, vient d'être remplacée par une maternité neuve, mais toujours en ciment et tôles : une femme évite donc de s'y reposer ...
Le village possède un dispensaire et une pharmacie .... des plus rudimentaires qui soit ..
Matronne : Fatoumata SIDIBE, dite Fatim
"Aide-soignant" : Déré ..
5- Ressources principales :
Nafadji est un vrai village rural, donc agricole. Le travail commence en juin par la préparation des semailles, puis le labourage avec les premières pluies ... La récolte commence en octobre par l'arachide, puis le mil, le maïs, etc .. Tout est récolté vers décembre. On peut donc lâcher les animaux qui y pâturent en liberté. On peut alors faire du maraîchage, à condition de disposer d'un champ clos muni d'un puits, et d'une pompe pour arroser chaque jour. Les oignons récoltés par hectares mettront du "beurre dans les épinards" ... On prépare en même temps les briques des cases que l'on va bâtir ou en remplacement de celles qui sont tombées, puis on maçonne tant qu'il fait sec, jusqu'à la saison des pluies où tout s'arrète pour ne plus laisser place qu'aux activités agricoles de nouveau.
En 1992, je disais à l'un de mes amis :
- "Pourquoi ne cultivez-vous pas en dehors de la saison agricole, pour faire du maraîchage .. des oignons que vous vendriez au grand marché de Bamako ..?..
- jacquy .. tu es informaticien ... tu connais quoi à l'agriculture ..?.. les oignons, ça pousse bien au pays dogon, mais pas ici ..!.. "
Quand je suis revenu en 2003, mon ami Sina était fier de me montrer ses 2 ou 3 hectares d'oignons ...
Au Mali, les choses changent .. mais il faut tu temps ....
6 - Population, religion :
- 90 % de sa population des -- environ -- 2 000 habitants, se nomme KEÏTA.
- On trouve quelques Traoré, Koné, Coulibaly, Toure, ... tous malinkés parlant le bambara.
- le village possède environ 60 à 70 motos ... plus de 100 téléphones portables ... beaucoup de maisons en ciment .. A Bamako, on rencontre beaucoup de villageois qui y trouvent un travail salarié, à tous niveaux sociaux, ouvriers, employés, mais aussi enseignants, médecins, ... Il existe une association des gens de Nafadji à Bamako ...
- le village est à 100% musulman
- le jour du marché est le mardi,
- le soir du bal hebdomadaire est le lundi, ou le samedi en période de congé scolaire : présence obligatoire et gratuite des jeunes filles, et libre mais payante pour les jeunes hommes
- le village possède une station de raduio qui émet à 15 km chaque jour de 19 à 23 heures : musiques et messages locaux.
Le village pourrait être nettement mieux géré. Mais la notion d'intérêt collectif ne parvient pas à entrer dans les moeurs. Que chaque chef de famille cotise la même somme d'argent pour le fonctionnement de la santé du village, est "normal"; mais cotiser le même pourcentage de ses véritables revenus est réservé aux salariés de l'administration et des grandes entreprises .. pas encore au village ...
Au Mali, il n'existe pas de structure de solidarité collective, même nationale ( chômage, sécurité sociale, allocations familiales, etc ..). Seule la solidarité individuelle existe, gérée traditionnellement au niveau de la famille, sous initiative et contrôle des chefs de famille.
Les conséquences de telles dispositions sont parfois graves : un village est heureux qu'on lui construise un barrage pour irriguer les surfaces agricoles; mais si la pluie dégrade le barrage, il n'existe pas de budget villageois ou communal pour financer la réparation; personne ne sortira un franc-CFA pour le réparer, et l'on assistera bouche bée à sa dégradation progressive ... en attendant une subvention d'une ONG, dont on pourra détourner au passage quelques sacs de ciment ... et s'il n'y a pas de subvention, le barrage sera gâté définitivement ... et les hectares inondés, un vieux souvenir ...