A bien regarder derrière nous, la relation avec chacun des villages que nous aidons modestement ( et que nous nommons souvent les « villages-Tapama » par familiarité), commence toujours par une belle relation d’amitié, ou une promesse tenue jadis qui finit par aboutir lorsque le temps et l’amitié ont fait leur œuvre.
La Liste des villages est à ce jour la suivante :
1 - Badougou-Nafadji, dans le Mandé, à 40 km de Bamako ;
2 - Sébénikoro, dans le pays peul, à 200 km de Bamako, soit 4 heures environ ;
3 - Nombori, au pays Dogon, à 850 km de bamako, et 2 jours de route ;
4 - Djenné, , à 600 km de Bamako, 1 journée d e route;chez les Bozos
5 - Djichini, chez les Touaregs, dans le Gourma, à 1350 km de Bamako, 2 jours de route ;
6 - Soroli, au pays Dogon, à 850 km de Bamako, 1 journée de route ;
7 - Kounda, en pays Soninké, à 650 km de Bamako, soit 1 journée de route ;
8 - Massonkolon, en pays Sarakolé, à 450 km de bamako, 1 journée de route ;
La carte ci-dessus montre le positionnement de ces villages dans le Mali.
Dans le village principal, Nafadji, nous possédons 2 maisons en terre, une simple, et une autre avec étage : c’est notre siège social au Mali. Nous pouvons y recevoir des amis venus de la France se reposer et/ou en villégiature dans le Mali.
Nous souhaitons à terme posséder une maison (modèle simple) dans chacun des autres villages, afin de créer un circuit touristique solidaire au profit de tous : villageois et touristes.
Avec autant de villages, et si peu de moyens, nous sommes donc pauvres et n’apportons que fort peu à chaque village. Nous sommes un peu comme une famille nombreuse et pauvre : cela fait donc peu pour chacun ...
Notre projet principal a été les constructions 100 % en terre, absorbant 95 % de notre budget, de 2006 à 2010, afin de réaliser le site pilote de Nafadji. Nous avons financé la totalité de ce site pilote, en prouvant la faisabilité du projet : notre mission sur nos seuls fonds propres est donc achevée. Nous reprendrons ce projet, financé sur nos fonds propres, lorsque nous aurons des fonds pour réaliser au moins une maison dans chacun des autres villages Tapama, et mettre en place le circuit de tourisme solidaire. Mais nous n’avons pas ce budget pour le moment, et attendons d’abord ce que l’état malien va décider de ce projet : va-t-il s’approprier cette technologie en nous aidant à lui réaliser un centre de formation pour maçons maîtrisant la technologie des voûtes, avec ce que cela suppose de contrôle (label, ..) ? Plusieurs pistes possibles sont à l’étude, et les échéances électorales de 2012 nous permettront d’y voir plus clair. Attendons … Au Mali, on dit qu’il faut savoir attendre.
Pour le moment, et dans l’attente, nous revenons aux micro-projets villageois.
Il ne faut pas regretter le peu d’action réparti dans quelques villages, bien au contraire.
D’abord, nous tissons notre toile avec le temps et le hasard des relations amicales qui se nouent. Le Mali se vit ainsi.
Ensuite, nous ne voulons surtout pas tout concentrer sur un village, et donner l’impression qu’on le prend en charge, décidant à leur place ce qu’il est bon de faire chez eux. Exception confirmant la règle, ce genre de comportement est le néocolonialisme parfait. Les villageois ne se sentent plus libres, ni les véritables acteurs de leur destin. C’est mieux de rester sur le côté, prêt à tout moment à les écouter, et financer un projet qu’ils nous proposent et que nous jugeons opportun.
Enfin, nous aurons davantage d’amis avec 6 ou 7 villages répartis dans des contrées différentes, qui nous feront mieux connaître le Mali, et permettront aux tapamiens de choisir le village qui leur convient le mieux. La diversité des cultures est une richesse sans comparaison.
On la percevra surtout dans les années à venir, puisque nous allons nous concentrer essentiellement sur les projets villageois : nous n’aurons que l’embarras du choix, tant il y a à faire partout, même si la description des villages montre bien qu’il existe des villages plus pauvres que d’autres : il n’y a pas photo entre un village où l’on trouve 65 motos et plus de 100 téléphones portables, et un autre qui n’a que des vélos et aucune case en ciment.
L’année 2011-2012 est donc une année charnière, et les projets villageois ont désormais un bel avenir à Tapama.
Jacquy PRUDOR